Andreas Habich
Steel industry in Benxi, China.
6 novembre 2024

La COP 29, la conférence du financement climatique

Face aux besoins croissants en investissements pour l’adaptation et l’atténuation, la COP 29, prévue du 11 au 22 novembre 2024 à Bakou, pourrait être un tournant décisif pour le financement climatique. Parviendra-t-elle à relever ce défi ?

Article écrit en collaboration avec Christophe Cassen, ingénieur de recherche au CIRED, expert de la gouvernance climatique et membre du réseau Expertises Climat. 

La prochaine Conférence des Parties, COP 29, se tiendra à Bakou du 11 au 22 novembre 2024. L’organisation de la COP étant assurée par rotation entre les grandes régions, c’est cette année au tour de l’Europe centrale et orientale d’accueillir l’événement. Organisée en partenariat avec les Émirats arabes unis et le Brésil, organisateurs respectivement de la COP 28 et de la future COP 30, cette conférence repose sur une troïka qui vise à renforcer la coopération et à assurer une continuité dans les négociations climatiques internationales.

Les discussions de cette COP porteront principalement sur la conclusion d’un accord sur le financement de l’action climatique, les modalités de mise en œuvre des nouveaux mécanismes de coopération entre États, ainsi que l’établissement d’un cadre de transparence de leurs engagements. En parallèle des négociations à venir, la présidence azerbaïdjanaise appelle à mieux articuler climat, vulnérabilité des sociétés et sécurité et compte également lancer 13 initiatives sectorielles et thématiques. Ces initiatives basées sur le volontariat ont pour objectif de développer les corridors écologiques et les zones d’énergies renouvelables, ainsi que de lancer un Fonds d’action pour le financement climatique. Ce Fonds, financé par les États et les entreprises productrices de combustibles fossiles, soutiendrait à hauteur d’un milliard de dollars des projets d’atténuation, d’adaptation, et de recherche dans les pays en développement. D’autres initiatives comprennent le développement de l’hydrogène, le stockage d’énergie verte et l’avancement de l’action climatique dans le secteur du tourisme.

Pour aller plus loin :

Cinq faits pour comprendre la COP 29 : 

1. La COP 29 vise à renforcer la mise en œuvre des engagements nationaux

La COP 29 représente un tournant crucial vers la mise à jour des contributions des Etats en matière d’atténuation et d’adaptation en vue de la COP 30.

Pour aller plus loin :  

2. Les besoins de financement pour l’adaptation sont actuellement insuffisants

Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et le Groupe d’experts indépendants de haut niveau sur le financement climatique, les investissements dans l’adaptation au changement climatique ralentissent alors qu’ils devraient s’intensifier. Les coûts d’adaptation pour les pays en développement sont estimés entre 215 et 387 milliards de dollars par an pour cette décennie. Cependant, la lenteur actuelle des mesures d’atténuation et d’adaptation entraîne une augmentation des pertes et des dommages, et seul un investissement conséquent et rapide permettrait de réduire les coûts climatiques futurs.

Pour aller plus loin : 

3. Le secteur privé, indispensable pour atteindre les objectifs de financement

Le rapport du Groupe d’experts de haut niveau sur le financement climatique souligne l’importance d’une approche collective impliquant les gouvernements, le secteur privé, les banques multilatérales de développement et les donateurs pour mobiliser ces financements. Moukhtar Babayev, le président de la COP 29, par ailleurs ministre de l’écologie et des ressources naturelles après plus de vingt ans au sein de la compagnie pétrolière State Oil Company of Azerbaijan, a également mis l’accent sur l’importance d’impliquer le secteur privé dans le financement climatique, afin de favoriser de nouvelles initiatives et mécanismes.

Pour aller plus loin :  

4. Les COP ont permis des avancées cruciales

Le Nouvel Objectif Collectif Quantifié (NCQG) sera un enjeu central de la COP 29. À l’origine de ce mécanisme, l’annonce des pays développés, en 2009, d’un objectif de financement de 100 milliards de dollars annuel destiné à soutenir les pays en développement dans leurs actions climatiques.

Pour comprendre comment cette coopération a vu le jour, il faut remonter à 1992, lorsqu’un nouvel espace de dialogue international a émergé à l’issue de l’adoption de la CCNUCC (Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques). La gouvernance climatique s’est structurée autour d’un secrétariat et d’organes techniques basés à Bonn, ainsi que d’un organe suprême, la Conférence des Parties (COP), qui se réunit au moins une fois par an. Ces conférences ont permis des avancées essentielles, comme le Protocole de Kyoto, premier texte introduisant un engagement contraignant pour les États (pays industrialisés du Nord uniquement, au nom du principe de responsabilités communes mais différenciées en matière de changement climatique) : réduire de 5 % leurs émissions de GES entre 1990 et 2012. Puis, en 2015, l’Accord de Paris a précisé les objectifs à long terme de limitation du réchauffement à 1,5 °C et introduit les Contributions Déterminées au Niveau National (CDN) qui concernent désormais les pays en développement et développés.

Pour aller plus loin : 

5. Les négociations actuelles présentent des lacunes mais des leviers existent

L’approche des négociations climatiques révèlent certaines faiblesses, notamment une fragmentation des cycles de discussion qui entraîne une inaction dans leur mise en œuvre, ainsi qu’un manque de cohérence entre les plans nationaux d’adaptation et les contributions nationales des États. Pour surmonter ces obstacles, il est suggéré que les États alignent les priorités internationales et nationales dans le cadre de leurs stratégies. Cela requiert une approche systémique, des moyens notamment financiers à la hauteur des besoins d’atténuation et d’adaptation au changement climatique et une participation active de l’ensemble de la société.

Pour aller plus loin :

Ressources :

Documents officiels : 

Ressources externes : 

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