Couvrir les compétitions sportives à l’heure du changement climatique et de l’effondrement de la biodiversité

En ligne 09h00

Expertises Climat a proposé un premier webinaire à destination des journalistes sportifs ou généralistes sur les liens entre sport, climat, santé et biodiversité, en présence de trois scientifiques spécialistes de ces questions. D'autres webinaires sur ces sujets seront proposés aux journalistes.

Ce webinaire organisé par Expertise Climat a porté sur les risques climatiques et environnementaux liés à la Coupe du monde de football 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique.

Le climatologue Davide Faranda (CNRS), le chercheur spécialiste de l’activité physique Paquito Bernard (INSERM) et l’écologue Hugo Arbieu (Paris Saclay) ont présenté leurs recherches respectives sur les liens entre impacts climatiques, santé des joueurs et supporters, performance sportive, et sur la biodiversité.

  • Davide Faranda (CNRS) a analysé les risques de fortes chaleurs dans les stades américains, montrant que certains stades comme Houston, Dallas et Miami risquent des probabilités jusqu’à 90% de conditions climatiques dangereuses, et a estimé que les émissions de gaz à effet de serre de la Coupe du monde pourraient être comparables à celles d’une ville de 2-3 millions d’habitants sur une année.
  • Paquito Bernard (INSERM) a expliqué les impacts sur la santé des joueurs et supporters, incluant les risques d’épuisement par la chaleur, les maladies vectorielles et la qualité de l’air dégradée, particulièrement problématique pour les matchs à Mexico avec les risques d’altitude et de chaleur extrême combinés. Les équipes européennes auront peu de temps (10-15 jours) pour s’adapter aux conditions chaudes américaines.
  • Les deux chercheurs ont souligné que la FIFA ne prend pas suffisamment en compte les enjeux climatiques dans l’organisation des compétitions et que les protocoles actuels de pauses fraîcheur ne sont pas suffisants face aux risques élevés.
  • Hugo Arbieu (Paris Saclay) a présenté le projet Wide League qui utilise l’imagerie animale des équipes pour sensibiliser aux enjeux de biodiversité, montrant que plus de 50% des équipes participantes ont des emblèmes qui représentent des espèces menacées. Le potentiel de communication de ce lien entre biodiversité et emblèmes atteint plus de 600 millions de personnes dans le monde.
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