Santé et qualité de l’air : un temps d’échange informel chercheurs / journalistes

Alors que la suppression des ZFE a fait son retour au Parlement, Expertises Climat a convié deux scientifiques spécialistes de la pollution de l’air et de ses impacts sanitaires à un temps d’échanges en visioconférence avec plusieurs journalistes de la presse nationale et locale.

Pendant plus d’une heure, les journalistes ont pu échanger avec :

  • Gaëlle Uzu, géochimiste de l’atmosphère et directrice de recherche à l’IRD
  • Kevin Jean, professeur junior “Santé et changements globaux” à l’École normale supérieure

Les principaux points à retenir : 

  • Si la qualité de l’air s’est globalement améliorée en France depuis vingt ans, elle reste un problème de santé publique. Selon les données de Santé Publique France publié en 2021, l’exposition aux particules fines PM2,5 est responsable d’environ 7 % des décès annuels en France. En Île-de-France, la pollution de l’air est responsable, chaque année, de 11% des décès prématurés (ORS-IDF, 2025).
  • Aujourd’hui, plusieurs grandes villes dépassent encore les seuils réglementaires, notamment Paris et Lyon. Et ce nombre devrait fortement augmenter avec l’entrée en vigueur, fin 2026, de la nouvelle directive européenne sur la qualité de l’air, qui tend à se rapprocher des recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé en divisant en moyenne par deux les valeurs limites à ne pas dépasser pour les principaux polluants. Une carte aujourd’hui “verte” pourrait ainsi devenir, demain, “orange” ou “rouge”, comme l’a souligné Gaëlle Uzu.
  • Le trafic routier est l’un des principaux contributeurs à cette pollution, en particulier en zone urbaine. Les particules fines issues de la combustion des voitures sont également particulièrement nocives pour la santé comme le montre les travaux sur le  potentiel oxydant (Tassel et al., Oxidative potential of atmospheric particles in Europe and exposure scenarios, Nature 2025)
  • Les zones à faibles émissions ont des effets positifs mesurables sur la qualité de l’air, sur la santé des populations exposées, et sur la réduction des inégalités environnementales (Campbell et al., Thorax 2019). Un rapport de l’Observatoire régional de santé Ile-de-France, présenté par Kevin Jean, montre que les bénéfices sanitaires se concentrent précisément dans les quartiers les plus exposés à la pollution chronique.
  • En cas d’abandon de ce dispositif, d’autres mesures devront impérativement être mises en œuvre pour continuer à réduire les émissions liées au trafic routier et améliorer la qualité de l’air. Réduction du trafic, transformation des mobilités, aménagement urbain, politiques de transport ambitieuses. Tout en poursuivant les efforts sur le chauffage au bois, l’industrie ou encore l’agriculture, qui contribuent également à la pollution de l’air.
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