Eau & agriculture : stocker l’hiver, une solution si évidente ? Webinaire chercheurs-journalistes

Entre inondations hivernales et sécheresses estivales, le stockage de l’eau peut-il permettre d’assurer aux agriculteurs un accès stable à la ressource en eau ? Pour répondre à cette question, Expertises Climat a proposé aux journalistes un temps d’échange avec une hydrologue.

Pendant une heure, les journalistes ont pu échanger avec :

Florence Habets, directrice de recherche au CNRS, professeure attachée à l’École normale supérieure, hydrologue, spécialiste du cycle de l’eau et des impacts du changement climatique sur les ressources hydriques.

Ce qu’il faut retenir:

  • La qualité de l’eau continue de se dégrader en France. Seulement 43 % des masses d’eau de surface sont aujourd’hui en bon état écologique, loin de l’objectif fixé au niveau européen à plus de 60 % dès 2015. Une dégradation principalement liée à des pollutions diffuses agricoles. A titre d’exemple, sur le bassin Seine-Normandie, la part des masses d’eau en bon état est passée de 32 % à 24 % lors du dernier bilan.
  • La présence croissante de pesticides dans l’eau potable devient préoccupante. Dans plusieurs territoires, on retrouve désormais ces substances directement dans l’eau du robinet, ce qui pose un problème sanitaire et technique important.
  • La protection durable de l’eau potable nécessite de réduire les pollutions à la source et d’instaurer des zones sans pesticides autour des captages.
  • La France compte déjà un très grand nombre de retenues d’eau (850 000 sur le territoire, dont plus de 90 % sont d’origine humaine). Mais elles peuvent avoir ont pourtant des externalités négatives (modification des cycles de l’eau et pertes par surevaporation pouvant atteindre près de 20 % de la consommation d’eau en France…).
  • L’accumulation de petites retenues peut donc avoir des impacts très importants sur la quantité d’eau disponible.
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