26 octobre 2026

Rencontres Annuelles d’Expertises Climat 2026 : préparons la riposte des faits

Désinformation, attaques contre les sciences et contre les journalistes... Le 13 octobre 2026, Expertises Climat a réuni plus d’une soixantaine de chercheur·euses et de journalistes pour réfléchir à la défense des faits dans le débat public.

Alors que la désinformation environnementale, les mutations informationnelles et les attaques envers les scientifiques et les journalistes s’intensifient, comment défendre une parole scientifique rigoureuse, accessible et audible ? Comment chercheur·euses et journalistes peuvent-ils travailler ensemble ?

Une information environnementale sous pression.

Les menaces pesant dès à présent sur l’intégrité de l’information environnementale sont nombreuses. Aux menaces conjoncturelles, comme les ingérences étrangères, s’ajoutent la polarisation et les réactions cognitives qui limitent la portée de la correction factuelle. Certaines fausses informations fonctionnent en effet comme des signaux d’appartenance, ce qui rend le simple rétablissement des faits insuffisant.

Quant à l’intelligence artificielle, elle recompose l’accès à l’information en concurrencent directement les éditeurs de presse, notamment via les résumés générés par les moteurs de recherche, et les fragilise économiquement. Elle permet par ailleurs d’industrialiser la production de désinformation. Les médias traditionnels ne sont pas à l’abri de ces dynamiques et peuvent contribuer, parfois malgré eux, à amplifier le brouillage.

Tamara Ben Ari et Marine Fleury aux Rencontres d'Expertises Climat 2026
Lilou Bourgeois / Expertises Climat
Marine Fleury, Maître de conférence en Droit Public et Tamara Ben Ari, chercheuse à l’INREA et co-autrice de « Le Moment Orwellien » (édition Seuil)

La confiance dans les scientifiques reste un atout.

Dans ce contexte brouillé, les scientifiques restent plus que jamais des locuteurs écoutés par le public : plus de 70 % des Français·es les considèrent comme des émetteurs légitimes et appréciés. (Chiffre issu des résultats de deux études menées par l’association Parlons Climat auprès d’un échantillon représentatif de 5 000 personnes, en décembre 2025 et en septembre 2026).

« Le recours aux expert.es et scientifiques témoigne d’un besoin d’objectivité et de personnes crédibles en qui croire, exempts d’intérêts personnels, politiques et économiques qui sont perçus comme sous-jacents à la transition » souligne d’ailleurs Parlons Climat dans sa note d’analyse intitulée “L’âge des preuves”.

Face à une transition écologique perçue davantage comme inévitable (68%) que réaliste (21%), chercheur·euses et journalistes ont un rôle à jouer pour expliquer le pourquoi, le comment mais aussi le chemin de la transition et ses complexités.

De l’importance d’agir conjointement.

Les expériences étrangères le montrent : les pressions et les entraves visant la recherche comme les médias peuvent s’installer très rapidement, parfois en quelques mois. Face à ce risque, c’est la préparation qui fait la différence. Sauvegarder ses données, connaître ses droits, s’organiser collectivement : autant d’actions qui se construisent en amont, avant d’en avoir besoin, et non une fois la crise déclarée.

Un enseignement ressort de cette journée : scientifiques et journalistes, tous deux défenseurs des faits, sont plus efficaces ensemble. En partageant leurs contraintes, leurs méthodes et leurs vulnérabilités, ils construisent une parole plus solide, plus compréhensible et mieux protégée.

C’est la mission d’Expertises Climat : faire travailler collectivement chercheur·euses et journalistes pour éclairer le débat public sur les enjeux environnementaux.

Suggestions